Les archives Mitrokhine ou les media français à la botte collectiviste

 


 

Les archives MitrokhineLe livre The sword and the shield co-écrit en 1999 par Christopher Andrew et Vassili Mitrokhine n'a jamais reçu de publicité en France. Pourtant, Mitrokhine est un ancien agent du KGB passé à l'Ouest en 1992 avec six grandes valises remplies de documents ultra-secrets.

Ces documents dévoilent de nombreux aspects de l'action du KGB contre les pays occidentaux et notamment contre la France. On y apprend que la France était le plus d'Europe Occidentale le plus infiltré par les soviétiques. On apprend aussi que certains media français étaient soit noyautés par les Soviétiques, soit au minimum, manipulés par eux. Sans surprise on découvrira qu'au côté de l'AFP et de l'Express,  Le Monde est dans le lot. En fait, il semble même qu'il ait été le plus compromis.

Tout ceci explique bien sûr pourquoi cet ouvrage majeur a été totalement enterré par les élites politico-médiatiques françaises qui ne tenaient pas à s'expliquer sur ces trahisons et ces compromissions.

 

Mitrokhine nous apprend que Le Monde avait lancé une campagne de désinformation contre le dissident soviétique Alexandre Soljenistine qui dénonçait vigoureusement la dictature communiste et ses goulags. Le Monde a tronqué un discours de Soljenitsine pour le faire passer pour un pro-nazi puis a prétendu mensongèrement que le dissident était un fan de Pinochet. Cela ressemble étrangement aux procédés utilisés contre Israël et notamment contre Ariel Sharon.

D'après Mitrokhine, deux journalistes importants et plusieurs contributeurs du journal français de référence étaient utilisés pour propager la désinformation du KGB. Sans surprise, la  propagande du Monde concernait la diabolisation des Etats-Unis, le soutien à l'URSS et au leader arabe Kadhafi, à l'époque protégé de Moscou. Il suffit de remplacer URSS par terroristes arabes pour s'apercevoir que ce torchon de référence a juste changé d'ami privilégié depuis la chute du communisme.

KGB en FranceUn petit extrait du chapitre consacré à la France vaut le détour, tout comme chaque élément de cet excellent livre : Au milieu des années 1970, Le Monde (nom de code VESTNIK-"Messenger"- selon les services du KGB) fut l’objet d’une controverse concernant son engagement à gauche et son anti-américanisme. Une de ces critiques venait de Raymond Aron qui déplorait le contraste entre l’empressement du Monde à comparer les bombardements américains au Nord-Vietnam avec les atrocités nazies, tout en abordant avec des pincettes les atteintes aux droits de l’homme en URSS, les abondantes preuves fournies dans « L’archipel du Goulag » de Soljenitsine ayant été particulièrement critiquées. En juillet 1975, Le Monde rendit un compte-rendu tronqué et déformé d’un discours de Soljenitsine aux Etats-Unis afin de la faire passer pour un sympathisant nazi :

« Alexandre Soljenitsine regrette que l’Ouest se soit joint aux forces soviétiques contre l’Allemagne nazie. Il n’est pas le seul. Des occidentaux de la génération précédente comme (le chef des collaborateurs français) Pierre Laval ont émis les mêmes idées, d’autres comme (des fascistes français) Doriot et Déat ont même accueilli les nazis comme des libérateurs. » 

Deux mois plus tard, Le Monde rapporte encore de façon tronquée l’invitation de Soljenitsine au Chili par le général Pinochet. Rien ne prouve que ce traitement de l’information provienne directement d’instructions du KGB, cependant l’angle de traitement est tout à fait conforme à celui que les services Soviétiques cherchaient à imposer dans la presse occidentale. Traitement dénoncé en 1976 par un ancien membre de la rédaction du Monde, Michel Legris, lequel a publié une analyse détaillée de ce qu’il considérait comme une couverture biaisée en faveur des communistes portugais, des Khmers Rouges du Cambodge et de l’OLP. 

La désinformation menée par Le Monde durant les années 70 fut donc l’objet de controverses, on pouvait cependant constater que la politique américaine était largement plus critiquée que la politique soviétique. Depuis, les archives du KGB ont renforcé la suspicion d’un traitement favorable aux Soviétiques. Les carnets Mitrokhine ont identifié deux contacts haut placés dans la rédaction du Monde ainsi que l’utilisation de plusieurs pigistes dont l’œuvre de désinformation ne se serait pas produite à leur insu. Effectivement, pendant les années 70 et au début des années 80, des diplomates soviétiques en poste à Paris s’étaient vantés d’avoir influencé des articles du Monde sur différents sujets, entre autres concernant la politique américaine en Iran, en Amérique Latine, sur le bicentenaire des Etats-Unis, l’invasion de la culture US en Europe,  la menace d’une Europe supranationale, mais aussi la guerre en Afghanistan et les risques d’affrontement Est-Ouest que posent les plans américains de développement de la bombe à neutron.

En juillet 1981, Andropov reçut un message du secrétaire général du PCF le pressant d’inviter en Afghanistan un journaliste du Monde nommément cité, précisant que le reportage à réaliser présenterait l’intervention soviétique sous un jour favorable. Quelques années auparavant, ce même journaliste du Monde avait dressé des louanges au colonel Kadhafi. 

La réceptivité du Monde vis-à-vis de la désinformation du KGB provenait sans doute au premier chef de sa naïveté à l’égard des opérations d’intoxication soviétiques. Il n’en allait pas de même concernant les Américains, ainsi dans le sillage du Watergate et des révélations des abus de la CIA, Le Monde s’était révélé très bien informé des pêchés réels et imaginaires des services secrets US.

A la différence du Monde, la principale agence de presse française, l’AFP, ne fut pas l’objet d’une controverse publique. Pourtant elle fut infiltrée avec succès par les Soviétiques, aussi bien à Paris qu’à l’étranger. Les carnets Mitrokhine identifient six agents et deux contacts confidentiels au sein de l’AFP, ceux-ci ayant été recrutés entre 1956 et 1980. Le plus important d’entre eux, sous le nom de code LAN, fut approché par l’homme d’affaire Dragun en 1969 et rémunéré à hauteur de 1 500 francs par mois. Il prétendit ensuite toucher cette somme de la société italienne Olivetti, désireuse, on n’en doute pas, de posséder des informations confidentielles sur la politique industrielle du gouvernement français.

3 juin 2004, http://balagan.blog-city.com

Aujourd’hui plus de KGB pour influencer les journalistes, mais trop tard, il n’est pas grandement nécessaire de payer les laquais du collectivisme pour leur faire écrire des conneries.